3 jours à tuer, jour 1…

Jour 1 : jeudi – tuer le père.

Tuer le père avant qu’il ne la tue. Mais le père n’est-il pas déjà mort, la dépouille de ses enfants dans les bras ? Ses enfants n’ont pas vécu longtemps. Depuis il vit avec leurs fantômes, un mort, deux vivants…

Tuer le père comme une urgence, maintenant, tout de suite, d’un coup sec bang, très vite arracher le fils et cicatriser. Le tuer en premier, avant qu’il ne meurt, avant la fatalité ou la destinée, dans la balance tout juste une poignée d’années. S’en séparer de son plein grès, décider de la fin, décider au moins du jour de l’abandon, comme s’il s’agissait d’un choix, d’une dernière volonté.
Se débarrasser de l’Amour, s’en délester, car à l’usure ça pèse lourd.
Le poids de trop d’amour ?…Trop Lourd ?

Tuer le père et par la même occasion zigouiller la peur de toucher le fond. Faire disparaître la raison de vivre et ainsi démembré peut-être se réinventer qui sait ? Sous la lumière des feux follets, envisager une nouvelle possibilité : la folie d’exister par ou pour soi-même, dilemme.

Le père avec d’autres toute sa vie s’est tu. Le silence c’est vous et vous sauve peut-être, elle il la tue, après tout on ne peut pas convier tout le monde à la fête. Se taire est selon elle une lâcheté, pour lui c’est une eau de vie, dans l’oubli il se jette. L’eau trouble et le soulage, inutile de savoir qu’on n’a plus pieds, quand on est nul à la nage.

Consensus ou phallus ? Jeune fille vous vous méprenez, la vie c’est bien plus compliqué !
L’homme cultivait son jardin en silence, parterre il ensevelissait ses blessures, puis semer ses pensées. La vie repoussait bien, la chienlit ça se nourrit du rien.

Tuer le père avant que la grande faucheuse à la lame sanguinaire nous coupe l’herbe sous le pied. Décider de l’heure, impuissante choisir au moins quand devenir l’enfant sans racines, l’adulte sans branches, n’être ni au ciel, ni à la terre, à peine au milieu. Se laisser voguer ivre sur l’amer des feintes, ni jamais mère, ni plus enfant, orpheline doublement.
Être bourreau c’t’ enfant de salop, jamais victime, ne tendre ni la joue, ni le cou et frapper un bon coup. Être le couperet et décapiter le rêve fou à dormir debout, d’un bonheur possible malgré tout. Ne plus fuir, demeurée elle est, demeurer, elle reste. S’offrir à la nuit nue et entière, espérer la traînée, puis la laisser tomber sans trembler, sans suffoquer la réalité. Ne pas pleurer, se tenir prête pour le grand voyage, non plus condamnation, mais remise de peine sans condition.

Tuer le père ? Nul ne peut trucider la tendresse, la déesse est immortelle ! Autant vouloir sortir le fleuve de son lit. Un truc de fou à dormir debout !

Ce soir le roi est mort, vive papa !

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One thought on “3 jours à tuer, jour 1…

  1. Bon dieu! Maman et Papa ont sans aucun doute mis tout leur coeur et toute leur âme pour faire pousser cette petite graine d’artiste qui fait vibrer, sonner les mots avec tant de talent, de force, d’intensité…
    Je t’aime ma magicienne, ma princesse, que l’esprit de Noël puisse souffler sur toi comme unedouce caresse, laisse toi faire mon ange,il est temps…

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