Luzià, à l’envers, à l’endroit

Luzià enfin te voilà, Luzià que la lumière soit !

Après une nuit froide longue de 3 années, Luzià naissait, l’aube revenait. Les parents renaissants rayonnaient. L’enfant soleil éclipsait les ténèbres, Luzià, la lumière toujours les éclairerait. Le coucher du soleil ne serait plus redouté, l’amour resplendirait à jamais.

Luzià brille de mille éclats, sa voix, sa joie, son rire, ses yeux. Sa lumière peu à peu les éloigne du ravin et de la folie aussi. Par sa présence illuminée, le chemin soudain se fait moins escarpé, elle est leur vie sublimée. En grandissant, ses parents lui expriment leur gratitude souvent. Luzià elle aime pas ça être remerciée, elle supporte pas ça d’être sous la lumière, même que ça la met en colère. La lumière incarnée est discrète, elle ne souhaite pas briller, seulement les réchauffer si elle le peut.

« Luzià, Luzià notre diamant salutaire, reste auprès de nous, exauce notre prière ! ». Au-dessus de son berceau, la famille mutilée murmurait déjà ces mots. Avec le temps, insidieusement, ces joyaux montés en collier formaient des griffes autour de son cou, une existence prise en étau étouffe doucement, jusqu’à ne plus respirer du tout. Luzià, les voleurs de temps, les pilleurs de vie sont de ton sang, les salops c’est nous absolument.

Déjà engagée, l’éternelle fiancée ne peut se marier. D’aimer sa famille toute la vie, de demeurer à ses côtés elle l’a promis, juré craché, en silence, en présence. Luzià n’a pas d’enfants, elle n’a pas le temps, elle doit s’occuper de ses petits : la fratrie, les amis et puis les parents aussi. Enfin c’est plus vraiment comme avant, y’a plus maman maintenant. Pour autant elle n’a pas plus de temps qu’avant. La vie ne supporte pas le vide, alors un autre corps malade, une autre âme tourmentée, tant d’existences à soulager. Luzià veut faire le bien, c’est son devoir, son destin. Toujours aux aguets, elle veille à ce que les siens ne manquent de rien. Chacun son tour et au suivant !

« Je t’en prie ne pars pas, je t’en supplie reste, tu me fais du bien tu vois ? J’ai tant besoin de toi, personne ne m’aime comme toi ». Les indigents de l’amour crèvent de faim en son absence, elle le sait, alors les rares fois où elle doit s’éloigner, elle prend grand soin de laisser aux pieds des affamés, son souffle, son cœur, sa joie, son corps et bien plus encore. Quand c’est pas assez, elle offre aux redoutables insatiables son être tout entier et je l’entends à chaque fois penser tout bas : « bon débarras ». Luzià elle est comme ça, sa propre vie souvent salie ne l’intéresse pas, plus maintenant en tous cas !

Luzià est magicienne, à peine souffle-t-elle sur les cendres, que le feu séduit rougit, puis vite il s’enflamme. La caresse de la lumière ranime les cœurs les plus austères ! Luzià, prends garde à toi, le feu attisé par l’essence de ton être finira un sombre jour par t’embraser peut-être.

Luzià elle s’ouvre à tous les damnés de l’amour, tous les crevards s’engouffrent, affamés ils se nourrissent de sa substance, de son espoir et s’emparent de son existence. Les ogres, se servent et se resservent encore, jusqu’à épuisement. Une fois repus, les carnassiers abandonnent le gibier « ensangloté », blessé à mort le cœur de la guerrière palpite encore. La lumière vacille mais ne s’éteint pas malgré le souffle de leur haleine fétide, la flamme trépide puis se ravive. Ne jamais cesser de briller, tous les autres encore éclairer .

« Je t’aime, tu me fais du bien. Ne pars jamais, j’en mourrais ! J’ai besoin de toi, reste auprès de moi. Allez encore un moment, un seul instant. Viens contre moi, enfin pas si près ! Pas si souvent ! Enfin tout dépend ! Je te dirais où et quand ! Demain ? Demain je sais pas ! Profitons d’aujourd’hui… » susurrent les gueules pleines d’incisives. « Carpe diem » gueulent les poètes de la baise sans engagement. Si seulement leur cercle pouvait disparaître !

Les conquistadors l’adorent, la conquête de la lumière ça fait bander les ténébreux. A force d’entrer en Luzià, la lumière finira bien par rejaillir sur eux ! Alors ils la prennent consciencieusement, rageusement, à l’envers, à l’endroit, devant, derrière, debout, parterre, avec la langue, avec les ongles, avec les doigts. Luzià dit non, quand elle n’aime pas, « non pas comme ça ! ».

Mais ils refusent de comprendre : putain ! Tout le monde a quand même droit à sa part de lumière, pas de quoi en faire tout une affaire. Et puis c’est bien connu le non dans la bouche de la gentille fille, l’ingénue, c’est un oui faussement farouche, une coquetterie, une fanfreluche rien de plus.

Avec leurs langues impropres à communiquer, ils visitent son corps, fourragent ses pensées. Ils enfoncent bien profondément leurs pieux dans les bouches cousues. Luzià se tait, ne gémit même plus ! Lascive, permissive ? Luzià est tétanisée, son tortionnaire l’aime, il ne cesse de l’affirmer alors elle le laisse faire, le laisse l’achever, au fond elle doit sûrement le mériter. Luzià s’est laissé faire, elle le sait, elle n’essaie même pas de nous la faire à l’envers. Luzià peu à peu s’est abandonnée, la guerrière refuse de continuer de lutter, puisque l’amour c’est ça, elle lui préfère l’enfer, au moins dans ses draps il doit faire moins froid.

A l’endroit, à l’envers avec la langue, avec les doigts, avec la fourche, avec la pioche elle les a laissés l’égorger, mais elle se console, la lumière leur survivra. Libre, inaliénable, la lumière peut, doit être cultivée. La posséder ? On ne le pourra jamais ! Le loup bouffe le petit chaperon rouge, «  je t’aime tant, tu me fais tellement de bien, n’écoute pas ta mère-grand ! ». La panse du porc vautré dans son foutre menace d’éclater, écœuré finalement il abandonne la dépouille du chaperon rouge en lisière de forêt. Le « all inclusive » ça finit par donner la gerbe même aux sagouins déculottés.

Les matamores pathétiques mains et bouches ensanglantées se targuent de l’exploit : ils ont eu la peau du chaperon rouge. Pathétiques les chasseurs de lumière l’ignorent, mais après avoir dépecé la lumière, dévoré son cœur chaud et palpitant, désormais et à jamais, ils seront tenaillés par une faim insatiable et  leurs âmes grises erreront dans l’obscurité.

 

« Jamais on ne m’a aimé comme tu le fais, promets-moi de toujours rester à mes côtés, derrière oui, dans mon ombre aussi, mais tout près je t’en prie ! »

L’envers du décor du prince charmant Luzià, laisse ta voix intérieure te la décrire doucement. En s’appropriant ton corps par devers toi, à l’envers, à l’endroit, ils ont l’illusion de l’implosion de leur toute puissance en toi, de leur ascendance sur toi. A demi-inconsciente efforce-toi de t’élever, ainsi au-dessus de vos corps tu verras la violence de son étreinte, sa rage non feinte, elle te saute à la gueule maintenant. Abusée, désabusée, ton silence est un cri, lui ne réalise pas, il sourit : le plaisir te laisse sans voix, c’est ce qu’il croit.

La tête dans l’oreiller, tu l’entends siffloter, sous la douche il fait mousser sa virilité. Ta petite voix intérieure enfin surtout celle de ta sœur, te suggère de lui enfoncer un gode-michet, là où on sait et de lui mettre sa pâtée profond dedans, à ce cher Medor, bon chien chien, oust dehors !
« Luzià ma lumière je t’en supplie ne décline pas, Luzià ma guerrière auprès des loups ne demeure pas. Le feu sacré brûle en toi, autorise-toi à t’y réchauffer parfois et protège-toi de nous, ne nous laisse pas te consommer, te consumer. La lumière pénétrée demeure inviolable certes mais à manquer d’air le feu sacré peut étouffer et son dernier souffle partir en fumée.

Luzià je t’en prie aime encore et toujours mais ne t’abandonne plus, recueille-toi, adopte toi. Tiens- toi à l’écart des cœurs atrophiés, ces âmes perdues sans collier errent de foyer en foyer, incapables de s’attacher, ils jouissent de t’aliéner. SI aimer c’est se donner toute entière, à l’envers, à l’endroit, ce n’est pas je crois, s’abandonner tout à fait, mais c’est peut-être au contraire s’accueillir, se recueillir et en jouir. Aimer ce n’est sans doute pas s’oublier mais se souvenir de soi et ne pas laisser l’autre se servir mais à lui s’offrir toute entière, sans meurtrir ni son âme, ni sa chair.

Luzià berce ton cœur gentiment, laisse ton être naître à toi doucement et efforce toi de l’aimer absolument, pas moins, pas mieux que tu n’aimes les gens. Je t’en supplie prends soin de ta vie, offre toi un peu de ta lumière, éclaire ton chemin et sois en fière. Ne laisse pas ton destin prisonnier de nos cœurs, te vouloir tout à nous c’est t’aimer si peu ou si mal, et surtout c’est s’aimer nous avant tout et c’est méprisable ! Protège-toi d’eux, protège-toi de nous. Luzià promets-moi de ne jamais t’éloigner tout à fait j’en crèverais, mais garde tes distances de sécurité, fais une place à ton individualité, à ta personne cette beauté.

A tant vouloir nous faire du bien, tu finis par te faire mal, mais attention un don de toi sacrificiel nous éloignerait tous du soleil, alors oublie-nous un peu. Ta pureté n’est pas le sang sur tes draps blancs, mais celui qui irrigue ton cœur géant. Puisque femme de devoir toujours tu demeureras, essaie au moins de prendre soin de toi : tu dois faire ta vie, pas refaire la nôtre, tu dois construire ta famille, pas reconstruire la leur. Plus que « tu dois » « tu as le droit », le droit d’exister, car Luzià en vérité, la lumière fût, la lumière est et elle sera pour l’éternité.

 

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One thought on “Luzià, à l’envers, à l’endroit

  1. Hermanita mía, eres tú la luz, la que da calor a mi corazón y a mi alma perdida… tus palabras me guían cada día en el camino de la vida…¡Eres tú la luz de mi vida!

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